BALAK

Balak NOMBRES XXII,2 – XXV,9

rabbi Michel Liebermann

résumé de la paracha : Balak, roi de Moab, demande au prophète Bilâm de maudire le peuple d’Israël. En chemin, ce dernier est admonesté par son âne qui voit un ange, envoyé par Dieu pour les arrêter.

Bilâm accomplissant sa tâche, se postant successivement en trois lieux, tente de lancer ses malédictions. Chaque fois, au lieu de malédictions, c’est une bénédiction qu’il profère. Enfin, il prophétise sur la fin des temps et la venue des temps messianiques.

Le récit se poursuit avec une autre stratégie du même roi Balak : le peuple se laisse attirer par les filles de Moab qui les incitent à servir l’idole nommé Peor (signifiant beauté, peut-être la divinité Aphrodite?). Quand un chef hébreu de haut rang, Zimri ben Salou de la tribu de Shimone s’isole ouvertement avec une princesse Midianite Kozbi fille de Tsour dans une tente, Pin’has, le petit-fils du grand-prêtre Aharon tue le couple, mettant fin à la plaie qui sévit parmi le peuple.

Chapitre 24 :5 : «Paroles de Bilâm, fils de Beor, parole de l’homme au clairvoyant regard, de celui qui entend le verbe divin, qui perçoit la vision du Tout-Puissant – il fléchit, mais son œil reste ouvert – Comme elles sont belles, tes tentes Yaacov, tes habitations Israël».

C’est ainsi que Bilâm réagit à la vue du campement du peuple d’Israël. Rachi nous explique que l’extase de Bilâm a été provoquée par le fait que les entrées des tentes n’étaient pas les unes en face des autres, et donc que le peuple d’Israël avait le respect de l’intimité. Mais si la Torah écrit l’éloge de Bilâm, c’est qu’il y a quelque chose d’un peu plus profond, que le simple respect de l’intimité.

Il y a dans le monde deux idéologies qui s’affrontent : D’un côté la démocratie la plus totale, où l’on ne rentre pas dans la vie des gens, mais où l’on ne se soucie pas du pauvre qui peut mourir seulement par manque de moyens.

De l’autre côté le schéma de type communiste, qui prétend défendre la cause du pauvre, mais en rentrant dans la vie intime des gens. C’est la raison pour laquelle il y a depuis ces dernières années des mouvements de révolte qui ont provoqué toutes les réformes, et la chute de certains pouvoirs communistes.

Bilâm s’est extasié de voir une union si forte dans le peuple d’Israël, l’on se soucie du pauvre, où l’on fait attention à respecter l’intimité de chacun. C’est pour cela que, selon Rachi et les Midrachim, les entrées des tentes des enfants d’Israël dans le désert n’étaient pas tournées les unes en face des autres. C‘est en fait cela la force du peuple d’Israël : l’union et l’entraide, tout en respectant l’intimité de chacun.

Expliquons cela autrement : dans mon expérience rabbinique et thérapeutique : c’est également la différence qu’il y a entre un rav et un psychologue.

La psychologie veut connaître tous les détails de la vie du patient, alors que le rav lui expliquera de quelle manière il faut vivre pour éviter les problèmes et être heureux, c’est cela le chemin de la Torah.

Ce que je retiens c’est que le plus important dans tout cela, c’est que le respect de l’intimité amène également au respect de la fidélité avec son partenaire. Bilâm a si bien compris cela que pour tenter de détruire le peuple d’Israël, il essayera de les détourner de cette voie de moralité, en les entraînant dans le chemin de l’immoralité. Les moyens utilisés par Bilâm sont la télévision, le cinéma, les boîtes de nuit, les différents prides…de l’époque, qui sont des moyens différents mais dont le but est le même.

Le Chem-Mi-Chmouel pose la question suivante : Si c’est par sorcellerie que les hébreux ont été corrompus, pourquoi l’Eternel les a-t-il punis ? En fait, la sorcellerie n’a pas d’emprise sur l’âme, mais uniquement sur le corps. Pour celui qui n’a aucun orgueil et qui est totalement attaché à l’Eternel, la sorcellerie n’a pas d’emprise. Donc la raison pour laquelle ils ont été punis est qu’ils étaient orgueilleux. Les élèves de Rabbi Akiva sont à l’image des Béné Israël morts. Bien qu’ils étaient des sages en Torah, ils se manquaient de respect entre eux, par orgueil, et c’est pour cela qu’ils ont aussi été punis de la mort.

Cette leçon peut être adaptée à notre époque. Il s’agit d’être un exemple pour le monde, en faisant connaître notre culture, qui est celle où l’on atteint le bonheur et où l’on vit avec moralité.

Surtout ne vous trompez pas et n’imaginez pas que le chemin de la Torah, ce n’est pas profiter du monde, au contraire ! L’homme « saint » est celui qui sait utiliser tous ses organes comme un homme et non comme un animal.

Pour rappel, le mariage dans le judaïsme est une Mitsva obligatoire. Le mariage n’a pas pour but unique de procréer. L’objet du mariage c’est l’union elle-même, (le zivoug) qui est un but en soi, c’est – à – dire, deux âmes qui se complètent, et vivent en harmonie, grâce au respect des lois de la Torah.

Comme l’enseignent les rabbis à travers les générations : la Torah retraduit l’union du ciel et de la terre, du spirituel et du matériel, ceci à l’inverse de la chrétienté qui ne conçoit la sainteté qu’en s’abstenant du matériel. C’est ce que le roi David a écrit dans le Psaume 34.9: « Goûtez et vous verrez combien l’Eternel est bon »

Un jour viendra où les Nations seront en extase et feront à nouveau l’éloge du peuple d’Israël en disant : «Comme elles sont belles, tes tentes Yaacov, tes habitations Israël ». Le peuple juif doit être imprégné des valeurs fondamentales de la Torah, comme nous le démontre la paracha Balaq. Cela commence par le respect de l’intimité de l’autre, le respect et l’amour de son prochain, jusqu’à l’annulation de soi et la soumission complète et sincère à l’Eternel.

Ainsi nous extirperons de nous l’orgueil, et certains traits et défauts des cultures étrangères n’auront plus d’emprise sur nous. Nous rétablirons alors, la A’hdout (l’union) dans le peuple d’Israël, et pourrons voir les temps meilleurs.

rabbi Michel Liebermann

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