Behaalote’ha

NOMBRES VIII – XII, 16 koah laassot – la force de l’action

rabbi Michel Liebermann

« L’Eternel parla à Moïse en ces termes : «  Parle à Aaron et dis-lui : quand tu disposeras des lampes, c’est vis-à-vis de la face du chandelier que les 7 lampes doivent projeter la lumière »
Notre Texte hebdomadaire commence par l’ordre d’allumer le candélabre dans le Tabernacle. Rachi interprète le terme utilisé par ce verset “Behaalote’ha – tu élèveras” de la manière suivante : « La flamme devra monter d’elle même ». L’allumage de la Menorah au Temple fait trait à la nature même du service divin que chaque juif, étant soi-même une source de lumière destinée à éclairer, doit accomplir. Les Bné Israël sont constitués, comme la Menorah, d’un corps et d’une partie destinée à illuminer le monde (la Nechama) comme l’exprime le verset : “L’âme est la lumière de Dieu”.
Le rôle des Bné Israël, notre rôle, est donc de ressembler à la Menorah c’est-à-dire diffuser la lumière de son âme. De même qu’au Temple, c’est le grand prêtre Aharon qui allumait la Menorah, c’est l’Éternel qui allume la flamme contenue dans chacun d’entre-nous. Comme le rapporte la tradition cabalistique, l’Éternel envoie l’âme dans ce monde, il y fait brûler une étincelle et il lui insuffle la force nécessaire pour répandre cet éclairage jusqu’à ce que la lumière générée “brille d’elle-même”. Je suppose que vous avez réalisé la dynamique que propose un des premiers textes liturgiques que nous disons chaque matin : « Elohay nechama chènatata bi tehora hi » ( mon Dieu, l’âme que tu m’as donnée est pure).
Ainsi, le fait qu’un juif brille de cette lumière divine ne suffit pas à contenter Éternel, c’est une dimension « passive ». Pour cela il lui faudra, par ses propres efforts, contribuer à générer une lumière de sainteté dans le monde, c’est la dimension active ou participative. C’est à ce titre que le libre-arbitre lui a été donné : agir par sa propre initiative et sa volonté personnelle.
Mais si c’est Éternel qui entame l’allumage et qui insuffle les forces nécessaires pour que la flamme “brûle d’elle-même”, comment concevoir que la flamme brûle d’elle-même puisque cela est fait grâce au concours de l’Éternel ?
La réponse à cette question se trouve dans un principe Hala’hique : “Contribuer ne constitue pas une réalité” (Talmud Chabbat 93b). Le fait que l’Éternel contribue et aide chaque juif à réaliser cette mission ne retire pas à l’homme la nécessité d’œuvrer afin que cette situation spirituelle se traduise et soit objectivement visible dans ce monde matériel. C’est la part qui revient à l’homme : traduire cette aide divine d’ordre spirituel en actions concrètes dans ce monde. La faculté d’agir concrètement dans ce monde est, conformément au projet thoraïque, réservée à l’homme. L’Éternel a ainsi désiré (si l’on peut dire) que les préceptes spirituels soient introduits dans la matérialité par l’effort d’un être physique. C’est ainsi que se réunissent deux notions a priori contradictoires : c’est d’une part l’Éternel qui allume la flamme contenue dans chaque juif et qui lui donne également la faculté de briller, mais c’est toutefois les Bné Israël qui, de leur propre initiative, intégreront cette lumière dans la vie quotidienne. Cette mission incombe à chacun : éclairer sa personne de l’intérieur ( en révélant toutes les potentialités) ainsi que l’ensemble du monde de la lumière divine jusqu’à ce que ce rayonnement se fasse de lui-même. Cela sera pleinement réalisé lorsque nous aurons mis en application l’ensemble de nos devoirs. Ils nous sont impartis pour améliorer le monde, c’est notre tâche, appelé Tikoun Olam, c.-à-d. la Réparation du Monde, et ainsi précipiter les temps de la délivrance véritable et absolue, tant attendus, qualifiés de messianiques.

Rabbi Michel Liebermann

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