haftara metsora

5779  haftarah Metsora II Rois, 7 : 3-20

rabbi Michel Liebermann

Pour bien comprendre ce texte, je suis obligé de revenir sur le Texte de la semaine dernière. Autant le récit thoraïque explique l’enquête de la metsora, (symptôme de la lèpre) dans la paracha précédente, autant dans celle-ci, elle montre la « thérapie » voire les « comportements » à avoir, et à ne pas avoir, ainsi que les conséquences engendrées par ces attitudes.

La Haftarah de Metzora décrit la fin du siège d’Aram contre Chomron (Samarie), la capitale du royaume d’Israël, qui était appelé le royaume du Nord, Yehoram en est le roi. Le siège mis en place par le roi BenHaddad avait été long et cruel; juste avant le début de la Haftarah, nous apprenons que non seulement les gens mouraient de faim, au point de se battre pour savoir qui allait manger les cadavres des enfants (voir II Rois 6,28). Ce siège a été miraculeusement levé lorsque l’armée d’Aram s’est soudainement enfuie, laissant derrière elle le contenu du camp et toutes les dispositions. La Haftarah nous dit que c’était un groupe de quatre Metzoraim (lépreux) qui a découvert que le camp abandonné. Il se poursuit ensuite longuement sur leurs actions quand ils ont fait cette découverte: וCes lépreux sont arrivés au bord du camp. Ils sont entrés dans une tente; ils ont mangé et bu. Ils ont emporté de là de l’or et de l’argent et des vêtements. Ils sont allés et ils les ont cachés. Ils sont retournés et sont allés dans une tente différente. Ils se sont emportés de là, ils sont allés les cacher. (II Rois 7:8)

Naturellement, la première chose qu’ils font c’est de manger la nourriture qu’ils trouvent dans les tentes abandonnées. Mais alors, quand nous aurions attendu qu’ils courent à la ville annoncer à tout le monde que le siège est terminé, il s’avère qu’ils ont d’autres priorités. Ils passent la majeure partie de la nuit à amasser et à cacher un important trésor d’objets de valeur. Ce n’est qu’ensuite qu’ils transmirent au roi et aux gens affamés la fin du siège.

Cette histoire est une continuation de la Haftarah de la précédente paracha Tazria . La Haftarah de Tazria racontait l’histoire suivante : Un général dans l’armée d’Aram, Na’aman, est atteint de Tzara’at, et il lui est conseillé d’aller voir le prophète Elisée pour être guéri. Na’aman suit ses instructions et est guéri. Il revient à Elisée et lui offre des cadeaux pour exprimer sa gratitude. Elisée refuse catégoriquement ses cadeaux, malgré l’insistance de Na’aman. À la lumière de la pauvreté évidente d’Elisée, cette exposition d’altruisme impressionne le général, et il promet qu’à partir de maintenant, il adorera seulement l’Eternel.

C’est là que se termine la Haftarah de Tazria, mais l’histoire, malheureusement, ne s’arrête pas là. Gehazi, le serviteur d’Elisée, ne peut accepter que son maître laisse ce riche général disparaître sans leur donner le sou. Il poursuit Na’aman et lui dit que son maître n’a besoin que de quelques pains et de quelques vêtements pour nourrir certains apprentis prophètes qui se sont présentés à lui de façon inattendue. Na’aman est ravi de pouvoir témoigner sa reconnaissance au prophète, il envoie deux de ses serviteurs porter les dons. Gehazi récupère les dons apportés à sa maison, il les cache dans un endroit où personne ne penserait les chercher. Le prophète Elisha confronte Gehazi. Celui-ci dit au Prophète de l’Eternel qu’il n’est pas allé nulle part et n’a rien fait. Elisée décide alors que Gehazi sera un Metzora comme le général Na’aman, ainsi que ses fils, et ce, pour toujours. Gehazi a pris ce qu’il n’aurait pas dû prendre et l’a caché pour que personne ne le voit. Ce narratif revient dans notre haftarah, et cela à parmis à nos maîtres de tirer un certain nombre de leçons.

Dans la Haftarah de Metzora, les 4 Metzoraim ont saisi également l’or et l’argent et l’ont, enfoui, caché, ainsi personne ne verrait ce butin. Ils montraient la même attitude égocentrique, matérialiste, saisissant de l’argent, tout comme Gehazi avait agi auparavant, et ils portaient la même affliction, Tzara’at. Pour cette raison, le Midrash identifie les 4 Metzoraim comme étant Gehazi et ses fils.

Tzara’at, le sujet des deux Parchot Tazria et Metzora, vient signifier dans les Textes de la Thora que c’est un signe extérieur du mécontentement divin face à nos actions. Cette punition particulière, une tache visible sur notre peau, crée une situation où tout le monde voit que nous avons fait quelque chose de mal. Mais ce n’est pas une punition pour tout péché; elle n’est pas obtenue, par exemple, par le fait de manger en des aliments non cacher ou de conduire la voiture le chabbat, ou de fûmer la cigarette .

Le Midrash énumère les types de comportement que la Bible enregistre comme ayant pour sanction la Tzara’at: Ces maladies viennent pour dix choses: 1) l’idolâtrie, 2) la pratique des relations interdites, 3) l’assassinat, 4) la profanation du nom divin, 5) maudir l’Eternel, 6) le détournement de fonds publics, 7) voler une position qu’on ne mérite pas, 8) la médisance, 9) leLashon Hara, 10) pour avoir refusé de laisser les autres profiter de vos possessions. (Midrash Vayikra Rabba Metzora 17:3)

Les péchés sur cette liste partagent tous un thème. Ce sont des actions qui expriment une attitude d’égoïsme et de droit. En outre, les personnes qui font ces choses prétendent qu’ils ne seront pas ou jamais capturés et pris sur le fait. Ils s’imaginent que personne ne connaîtra la source de leurs gains immoraux. Mais le divin sait, et la punition de Tzara’at expose leur corruption au monde. Il en est ainsi dans notre texte avec Gehazi, qui avait été le serviteur du prophète Elisée, appelé «l’homme de Dieu» par le Tana’h et par le peuple d’Israël. On dit qu’il était lui-même un prophète en formation, dans la lignée de porter ce titre et de représenter plus tard la parole de l’Eternel au peuple. (entre parenthèses, ce même texte parle plus tard des « écoles de prophètes) On peut imaginer qu’il a agi, et s’est habillé, et a parlé comme son maître, et que les gens ont supposé qu’il était lui-même un Saint homme. Ses actions avec Na’aman ont montré qu’il n’était rien. Pendant des années, Gehazi avait pu cacher son caractère sous un manteau de sainteté et de piété, ici, il est démasqué. La malédiction d’Elisée sous la forme de Tzora’at révèle l’ escroc égocentrique qu’il était.

Le paracha de Metzora nous enseigne que Tzara’at est potentiellement une condition à court terme. Il y a un processus de purification, et on revient à la vie. Ainsi, Tzara’at est censé servir de leçon à l’individu, pour lui permettre d’ajuster son caractère pour être en ligne avec son apparence extérieure de sainteté et de piété.

La Tzara’at de Gehazi était différente; il ne s’en irait pas et ne guérirait pas. Nous apprenons de son comportement égoïste au camp d’Aram que même en état de Tzara’at, cela ne l’a pas motivé à changer son caractère. Si cela avait été le cas, s’il avait appris à ne pas se mettre d’abord au premier plan (dans sa vie) au détriment d’autres personnes, alors peut-être que cette plaie aurait disparu dans le temps. Mais tant qu’il en restera dans cette posture, l’entourage ne s’attendra pas à ce qu’il soit une personne en qui on peut avoir confiance ou admirer. Tzara’at sert de signe extérieur, une marque visible qui dit: «ne soyez pas trompés; cette personne n’est pas ce qu’elle semble montrer. Elle ne sert pas le divin; cette personne ne se sert qu’elle-même. »

Rabbi Michel Liebermann

Praesent dolor. commodo commodo Sed leo. nunc Lorem non eleifend