haftarah bechala’h

5779 haftarah bechala’h ( (Juges 4:4-5:31)
rabbi Michel Liebermann

La majeure partie de la Bible est écrite en prose, bien qu’il existe des exemples de poésie (comme dans les Psaumes), ainsi que des chants. Les deux chants bibliques les plus célèbres sont le Cantique de la mer, qui fait partie de la Torah de cette semaine, et le Chant de Deborah, qui figure dans la Haftarah de cette semaine. Deborah est l’un des leaders israélites dans le livre des Juges. Elle est prophète et juge. Elle écoute et arbitre les situations sous un palmier dans les collines, là où les gens viennent chercher des conseils.
Deborah communique également les souhaits de l’Eternel au peuple et un jour, elle appelle Barak, un général de l’armée, et lui dit que l’Eternel lui commande de se rendre au mont Tabor avec une compagnie de 10 000 soldats. Là, elle lui dit qu’il rencontrera Sisera, le commandant de l’armée de Hazor. Ils vont se battre et Barak va gagner. Le général Barak répond qu’il n’ira au combat que si Deborah l’accompagne. Elle accède à cette demande, mais l’avertit qu’il ne recevrait aucune gloire si elle venait «pour le moment, l’Éternel remettra Sisera à une femme» (Juges 4: 9). Barak accepte ces conditions et, avec Deborah et ses guerriers, il gravit la montagne. Aussitôt, «l’Éternel jette Sisera, ses chars et toute son armée dans le désarroi» (Juges 4:15). Sisera lui-même est jeté de son char et s’enfuit à pied. Toutes ses troupes sont tuées, mais Sisera est maintenu en vie. Il se retire dans le camp de Yael, une femme puissante, mariée à l’un des alliés de Sisera. Yael le prend à l’intérieur et le couvre d’une couverture. Lorsque Sisera demande de l’eau, Yael lui donne du lait, ce qui l’endort. Une fois endormie, elle prend un piquet de tente et un maillet et le plante à travers sa tête. Puis, quand Barak vient le chercher, Yael lui montre la tête percée de Sisera.
Pour commémorer cette victoire, et en particulier le rôle joué par Yael, Barak et Deborah chantent une cantique. Ce chant met en scène cette bataille, ainsi que d’autres combattues par Barak, et raconte les victoires militaires de différentes tribus d’Israël. Il se termine par un hommage à Yael, qui raconte le meurtre de Sisera plus en détail que dans les versets originaux, et un appel à Dieu pour continuer à soutenir les enfants d’Israël au combat, tant qu’ils continuent à aimer Dieu.
Il est important de porter une attention particulière à la manière dont une histoire est racontée. Le message est dans les détails. Les enfants d’Israël avaient été soumis par Jabin, roi des Philistins, pendant vingt ans. Quand ils ont crié à l’Eternel, exprimant leurs douleurs, l’Eternel leur a répondu et les a libérés. L’histoire contenait trois protagonistes humains: Deborah, Barak et Yaël.
Deborah était la juge et le chef du peuple,
Barak, le général à qui elle avait confié la tâche de combattre cet âpre ennemi. Pour sa part, Barak a refusé de diriger seul les forces et n’a accepté de se battre que si Deborah l’accompagnait. Deborah a accédé à sa demande mais l’a averti qu’aucune victoire contre l’ennemi ne serait remportée de ses mains. La bataille s’est bien déroulée et le général ennemi, Sisera, a été obligé de s’échapper. Il s’est réfugié dans la tente de Yael qui a promis de le cacher à Barak. Ni Barak ni Deborah n’ont finalisé la victoire.
Plusieurs questions peuvent apparaître ici :
Cet exploit a-t-il été laissé à Yael qui a tué Sisera alors qu’il dormait dans sa tente ?
Alors ? Qui a sauvé les enfants d’Israël?
Qui a mérité les éloges ?
L’intrigue est très claire, alors à qui la vedette : était-ce Deborah, Barak ou Yaël ?
Bien, elle fut le chef du peuple, mais elle n’a pas mené le peuple au combat.
Barak fit cela, mais il avait refusé de faire cavalier seul et la victoire finale n’était pas la sienne. Était-ce Yael, qui a couronné la victoire quand elle a tué Sisera.
Elle n’était cependant pas responsable de la victoire militaire. Pourtant, c’est elle qui est sortie de nulle part pour mener à bien la rédemption. L’histoire semble délibérément refuser d’assigner à un individu le rôle de sauveur. Chaque personnage a joué un rôle dans la victoire. C’était très certainement intentionnel. Aucun protagoniste n’était censé être le «protagoniste» de cette histoire de rédemption. Cela semble être le but. En répartissant la responsabilité de la victoire, les personnages de cette «pièce» sont censés être considérés comme des instruments des pouvoirs rédempteurs de Dieu et non comme des acteurs agissant de leur plein gré. C’est le vrai message de l’histoire. Chacun des personnages de cette histoire est une figure héroïque. Chacun pouvait se voir en termes rédempteurs. Cette histoire nous rappelle que chacun de nous fait partie d’une image plus grande que nous. C’est un rappel que même lorsque nous faisons quelque chose de grand, cela ne nous concerne pas exclusivement. En fin de compte, il nous est demandé de nous considérer comme des acteurs travaillant ensemble pour réaliser la vision rédemptrice de Dieu sur le monde.
Puisque nous sommes dans l’observation : la partie de la Torah de cette semaine et la Haftarah combinent curieusement batailles militaires et chants de victoire. Mais, alors que le chant de Miriam dans la Torah loue directement Dieu pour avoir vaincu l’Égypte, le Cantique de Deborah est un témoignage à la fois pour Dieu et pour Israël, vantant à la fois les miracles divins et l’effort humain.

rabbi Michel Liebermann

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