haftarah chemot

5779 haftarah chemot 1: 1 – 6: 1

Rabbi Michel Liebermann

Samarie, la capitale du royaume du Nord d’Israël, a été détruite par les Assyriens en 721 av. Dans la Haftarah lue cette semaine dans les communautés ashkénazes, Ésaïe donne une prophétie concernant Israël, expliquant pourquoi il est tombé entre les mains de ses ennemis, mais laisse également espérer un avenir de rédemption. Bien que sa préoccupation première soit d’apporter un message de malheur à Israël, il commence par noter qu’éventuellement, «Israël poussera et fleurira, et la face du monde sera recouverte de fruits» (Esaïe 27: 6). Immédiatement après cette déclaration de rédemption à venir, Esaïe se lance dans une tirade contre les Israélites et contre leur culte de la déesse syrienne Asherah. Il châtie les dirigeants et les prêtres d’Israël, les appelant ivre, ce qui implique que leur jugement est pauvre. Isaïe est carrément dégoûté par le comportement des Israélites, disant: “Oui, toutes les tables sont couvertes de vomi et de crasse, de sorte qu’il ne reste plus d’espace” (Esaïe 28: 8). Mais le peuple n’est pas réceptif aux paroles du prophète et Isaïe promet que tant qu’ils refusent de se repentir, «ils tomberont en arrière, et seront blessés, pris au piège et capturés» (Esaïe 28:13).

Bien qu’une grande partie de ce qu’Isaïe ait à dire soit pessimiste et fâchée, les rabbins ont choisi de terminer la haftarah par deux lignes d’un chapitre ultérieur (Esaïe 29: 22-23). Ces lignes soulignent la rédemption qui viendra au peuple de Dieu, comme ce fut le cas pour Abraham et ses descendants

Connexion à la Paracha chemot

Dans la Parashat ch’mot, le peuple d’Israël est asservi par les Égyptiens, qui souffrent beaucoup aux mains des autres. Finalement, Moïse arrive et commence à amener le peuple vers la rédemption. De même, dans Isaïe, les habitants du royaume d’Israël ont beaucoup souffert, bien que dans ce cas, ce soient des souffrances causées par leur propre manque de foi en Dieu, ainsi que par la corruption et la cupidité de leurs dirigeants. Isaïe leur apporte un message d’espoir et de rédemption.

Dans les communautés séfarades, la Haftarah est prise depuis le début du livre de Jérémie. Quand Dieu commence à parler à Jérémie et lui confie une mission, Jérémie est réticent à recevoir la parole de Dieu. Tout comme Moïse, Jérémie dit à Dieu qu’il ne sera pas un bon messager. Il est juste un garçon, il proteste. Mais Dieu ne prendra pas non pour une réponse et donne immédiatement à Jérémie deux visions métaphoriques d’une branche d’amande et d’un pot fumant. Ces visions sont destinées à motiver Jérémie à embrasser sa mission et à l’inspirer pour aller à Jérusalem où il rappellera au peuple de ne pas déshonorer Dieu et de ne pas manger des prémices qui sont mises de côté pour Dieu. La direction de Jérémie et la manière dont il est oint en tant que chef sont parallèles à la rencontre initiale de Moïse avec Dieu et à son ascension en tant que chef des Israélites.

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