Une réflexion sur le YIDDISH

 

yeddish

Dans le cadre de la Journée Européenne de la Culture Juive, le B’ nai B’rith de la région Provence Midi – Pyrénées Var a organisé , comme chaque année , une manifestation à Marseille (22 place aux Huiles 13001). Elle a eu lieu le dimanche 20 septembre 2015. Sur le thème des “Ponts”, la Commission Régionale Patrimoine avait choisi de travailler sur les langues créées et parlées par les Juifs en diaspora. Ecrites en caractères hébraïques, inspirées en partie des langues sources, ces langues ont connu des destins différents. A côté du Chuadit, judéo-provençal, au destin éphémère, le Ladino, judéo- espagnol, se répandit, en même temps que ses locuteurs se réfugiaient dans l’Empire Ottoman. Mais la place d’honneur revient sans conteste au Yiddish.

Michel Liebermann, rabbin et futur président de la loge Louis Kahn Eran Picard spécialiste de la langue et de la culture Yiddish, accepta de nous présenter une étude sur sa langue natale. Tâche difficile, devant un public pour la plupart séfarade. Mais à Marseille, tout le monde connaît Michel Liebermann, sa verve, sa culture, son humour. Le public fut nombreux, plus de soixante personnes. Michel Liebermann évoqua d’abord les origines linguistiques du Yiddish, langue de fusion , son ancienneté, (déjà parlée sous le règne de Charlemagne), son expansion ( 11 millions de locuteurs à la veille de la 2ème guerre mondiale).
Dans une deuxième partie, Michel Liebermann montra la lutte de la Haskala pour éliminer le Yiddish, considéré comme un jargon, “langage de bègues”, langue des pauvres. La corruption langagière aboutit à la corruption morale, pensaient les maskilims. La Haskala , mouvement qui luttait pour l’émancipation, pour la promotion des masses juives , prônait la disparition du Yiddish , langue du shtettel, remplacé par l’Allemand. Moïse Mendelssohn fut le premier à traduire la Thora en Allemand .
Dans les deux dernières parties de l’exposé, Michel Liebermann essaya de déterminer les limites du Yiddish, langue littéraire ou jargon? Pour Isaac Bashevis Singer, le Yiddish reste la langue d’une littérature mineure. Il lui dénie toute prétention à l’universalité à la question “et maintenant ?”
Michel Liebermann répondit “C’est une autre conférence”. Mais il signala ces poétesses non juives qui écrivent en Yiddish en Amérique du sud; ces comédiens non juifs qui animent le théâtre yiddish de Varsovie. Et bien sûr l’engouement pour les mélodies et les rythmes Klezmer , âme du Yiddishland .

Elise Leibowitch
Responsable régionale B’nai B’rith de la commission Patrimoine

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