VAET’HANANE

Vaet’hanan Deutéronome III,23 – VII,11

rabbi Michel Liebermann

La section Vaet‘hanan que nous lirons ce chabbat, qui suit systématiquement le jeûne du 9 av ( sinistre anniversaire de la destruction du Temple de Jérusalem) contient plusieurs commandements dont la récitation du Shema Israël, ainsi que l’injonction d’étudier la Torah. Bien que les deux commandants se trouvent dans le même verset, ils sont très différents.Le devoir de réciter le Shema implique de le réciter deux fois par jour, “quand vous vous couchez et quand vous vous levez”. Chaque récitation est une entité en soi, la preuve étant que la bénédiction pour sa récitation est récitée deux fois par jour, le matin et dans la soirée.

L’obligation d’étudier la Torah, cependant, n’est pas divisée en deux temps séparés, mais est une obligation unique et continue qui se poursuit tout au long de la journée et de la nuit. C’est pourquoi la bénédiction pour l’étude de la Torah n’est récitée qu’une fois par jour. (achèr kidechanou bemitsvotav , vetsivanou, laasok bedivrey thora = qui nous a sanctifié par ses commandement en nous ordonnant de nous occuper des paroles de la thora)

Apparemment, le contraire devrait être le cas: l’étude de la Torah est liée à la compréhension et la compréhension varie selon le temps – quand une personne est reposée, elle pense plus clairement, etc. Puisque la compréhension est affectée par le temps, il serait logique de lier le commandement de l’étude de la Torah – qui reste un acte qui nécessite une compréhension – au temps et à sa division du jour et de la nuit.

La mitsva de la récitation du Shema, cependant, exige une acceptation constante et inaltérable du joug du Royaume des Cieux et de l’Unité de Dieu( ol mal’hout chamayim). Ainsi, il va de soi que ce commandement ne devrait pas être soumis aux changements qui résultent de la division de la nuit et du jour.

Néanmoins, nous trouvons que le commandement de Shema est lié au temps, tandis que le commandement d’étudier la Torah défie les divisions du temps. Alors, ourquoi cela est-il ainsi, et comment résoudre cette contradiction apparente ?

La vie de l’homme est sujette à la division des jours, car «les jours séparent l’un de l’autre» – les jours divisent le temps en entités distinctes. Pour avoir un «jour» complet, la nuit et le jour doivent être combinés, comme le dit le verset: «vayehi èrèv, vayehi vokèr … il y eut un soir et il y eut un matin, un jour. »

Cela suggère aussi le but ultime du service de l’homme – transformer ce monde le plus bas en un lieu d’habitation pour l’Eternel. L’implication est que l’homme ne devrait pas nier la « physicalité », mais plutôt que ce monde humble, apparemment séparé des royaumes spirituels, devrait devenir un lieu d’habitation pour le divin.

Ceci est accompli quand l’organisme physique lui-même vient à réaliser que toute son essence dérive de la source divine. Lorsque cette connexion est ressentie par un être corporel, l’unité absolue de l’Eternel est révélée.

Une allusion à ce concept peut être trouvée dans la Torah quand elle déclare: “… il y eut soir et il y eut matin, un jour.” L’implication est que l’intention Divine est de combiner et d’unir les ténèbres et la “Avec la luminosité et l’éthérité du “matin”, afin qu’ils forment ensemble un jour.

Cette idée de l’unité dans la diversité est au cœur du Shema, où le Juif déclare: «Shemah Yisrael … le Seigneur est Un», «couronnant Dieu et le faisant régner« au-dessus, en bas et sur les quatre côtés» ( c’est le protocole de la fête de souccoth où l’on secoue le bouquet du loulav, composé des 4 éléments symbolysant nos qualités humaines, dans les même 6 sens) en révélant sa lumière et son unité dans ce monde physique et spirituellement sombre.

Ainsi, relier la mitsva de Shema aux périodes de jour et de nuit accentue l’unification de la lumière et des ténèbres, physiques et spirituelles, de sorte qu’ensemble ils forment “un jour” – la révélation de l’unité de l’Eternel dans ce monde.

La Torah, cependant, est assimilée au feu, comme le dit le verset: «Mes paroles sont comme le feu, dit le Seigneur.» De tout temps les rabbis expliquent: «Tout comme le feu est imperméable à l’impureté [rituelle], la Torah est aussi imperméable à la spiritualité. » En d’autres termes, alors que la Torah s’habille dans la réalité matérielle et s’occupe des matières physiques, elle reste détachée de la physicalité. Puisque la Torah considère le monde depuis sa propre perspective plutôt que de devenir un avec la création, il s’ensuit que l’obligation d’étudier la Torah n’est pas soumise aux limitations de la nuit et du jour. Oui, c’est l’être humain, jeunes et vieux, hommes et femmes, qui avons cette magnifique tâche : proclamer et unir le nom du divin, c’est la proclamation et le témoignage d’Israël par le chema Israël. Et c’est également notre tâche à tous de cultiver par l’étude, afin de développer la emounah, la fidélité envers l’Eternel, par la mise en pratique des mitsvot, des propositions divines. « car c’est par elles que tu vivras »

rabbi Michel Liebermann

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