VAYIKRA

5778 Vayikra LEVITIQUE un traité sur les offrandes d’animaux ?!

rabbi Michel Liebermann

 

 

La Paracha de cette semaine présente une longue description détaillée des offrandes animales dans le Tabernacle construit dans le désert, et qui perdurera dans l’enceinte des deux Temples érigés à Jérusalem – brûlure des membres, aspersion de sang, écorchement de la chair. L’homme moderne peut d’abord trouver cette notion de païenne et primitive. Cela semble bien différent de la spiritualité chaleureuse que nous imaginons de la pratique de nos ancêtres La question devient de plus en plus difficile quand on considère la position du judaïsme sur les soins à donner et le souci du respect que nous devons témoigner envers les animaux. En plus de l’interdiction biblique générale de ne pas faire souffrir les animaux (“Tzar Baalei ‘hayim”), il y a aussi toute une liste de Mitvsot séparés conçus pour la protection des animaux, notamment: décharger un âne dont la charge est trop lourde, donner à animal un jour de repos le chabbat, ne pas museler un animal lorsque vous travaillez dans le domaine (c’est-à-dire de ne pas l’empêcher de manger ce qu’il voit), et beaucoup, beaucoup d’autres.

Alors pourquoi les offrandes d’animaux? Abordons quelques idées fausses de base.

Idée fausse  n ° 1: N’est-ce pas cruel de tuer un animal? Pourquoi cela devrait-il nous déranger? Nous mangeons des hamburgers et portons des chaussures en cuir. Nous tapons dans des ballons de football et mangeons du Kentucky Fried Chicken (vous pouvez trouver le même cachère à Jérusalem). Donc, si l’utilisation des animaux est justifiée pour le bénéfice physique, alors d’autant plus pour le bénéfice spirituel! (Pour l’anecdote, toutes les offrandes avaient aussi un avantage pratique et physique: la grande majorité était mangée par des êtres humains – par exemple, l’offrande lors de la fête de Pessah qui était rôtie et mangée à chaque table du Seder, était consommé par les cohanim.)

Idée reçue n ° 2: Ces offrandes sont un “sacrifice”. Le mot hébreu korban, que la Torah utilise pour décrire les offrandes animales, n’est pas un sacrifice (comme pour donner quelque chose), et ce n’est pas une offrande (comme apporter un cadeau aux divinités de l’Antiquité). Au contraire, korban signifie “s’approcher”. Ceux-ci aident une personne à se rapprocher de l’Eternel. Dans le Temple, nous prenons les parties d’animaux et les élevons sur l’autel divin. Ceci est une déclaration personnelle d’intention d’élever nos ressources matérielles à un niveau supérieur – de le diriger vers le service de Dieu.

Idée fausse n ° 3: Nous pensons: “Quel genre de dieu a besoin de nos offrandes ? Est-ce une sorte de pot-de-vin pour qu’il ne soit pas en colère contre nous?” Nous devons faire la différence entre la mythologie grecque et le judaïsme. Les sacrifices païens devaient apaiser « les dieux finis » qui contrôlaient un aspect limité de l’existence. Chaque idole avait besoin d’autre chose et les humains pouvaient éviter la colère des dieux en leur donnant ce dont ils avaient besoin. Les offrandes juives ne sont pas pour l’Eternel. Il n’a pas besoin de cela. L’Eternel est Tout Puissant et a déjà tout, puisqu’il en est le maître et le créateur. Dans la liturgie on dit « konè hakol », il possède tout. Au contraire, les offrandes sont pour nous. Ils nous enseignent à prendre le physique – le corps – et à le sanctifier. L’une des 613 mitsvot est que le cohen Gadol (le grand prêtre) devai garder l’Ephod (veste genre boléro) constamment attaché. Rabbi Shimshon Rafael Hirsch (Vienne XIXe siècle) fait remarquer que dans l’idolâtrie, le Ephod cérémoniel était typiquement relié à l’idole. La philosophie était de contrôler l’idole et de “le gagner de votre côté”. Mais dans le judaïsme, le cohen Gadol attache le Ephod sur lui-même – parce que c’est nous-mêmes que nous voulons contrôler.

Les rabbis dans les textes de la mystique nous rappellent que chaque être humain est composé de deux éléments – le corps physique et l’âme spirituelle. Chaque partie veut être nourrie et soutenue, mais chacune y parvient de manière très différente. Le corps cherche le confort et la satisfaction immédiate: la nourriture, le sommeil, le pouvoir, la richesse. L’âme recherche des plaisirs éternels : le sens des choses et des actions, l’amour, les actes de justice sociale, la connexion à l’Eternel. Ainsi, les Mitsvot de la Torah sont conçues pour nous guider vers les «plaisirs de l’âme». Cependant, lorsque le corps exerce une domination, la conséquence qui s’en suit est une transgression de ces Mitsvot. Le moyen de réparer cette erreur ( le Tikoun qui passe par la kapara) est d’apporter une offrande. Le transgresseur s’avance et déclare: “J’ai commis une erreur et je regrette les dégâts que cela a causés à mon âme, mon côté animal a pris le dessus, je ne veux pas répéter cette erreur, je m’engage à abattre « l’animalité qui est la force dominante dans ma vie.”

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POURQUOI LE SANG ?

Quand une personne voit l’animal abattu devant ses yeux, il est amené à penser : “Je le mérite vraiment, mais Dieu est miséricordieux”. C’est une expérience spirituelle puissante…… Le sang est réel. Ça nous secoue……. Vous voyez le poids de la vie.

Kirk Douglas, la légendaire star de cinéma, (l’auteur du Fils du chiffonnier, de son vrai nom Issur Danielovitch ) a été impliqué dans un grave accident d’hélicoptère en 1991. Le pilote et le copilote ont été tués, mais Kirk Douglas est sorti vivant. L’événement le secoua autant spirituellement que physiquement. Allongé dans le lit d’hôpital, il se demandait encore et encore : Pourquoi suis-je celui qui a survécu? Kirk a finalement répondu à sa question: j’ai survécu parce qu’il y a quelque chose d’important que je dois encore accomplir dans ce monde, une contribution cruciale à faire. Jusqu’à présent, j’ai joué à des jeux. Maintenant, je vois que la vie est plus sérieuse. Kirk Douglas, très ami avec Spielberg s’est lancé dans un programme d’étude régulière de la Torah et a commencé à réinstituer les traditions juives dont il s’était souvenu dès sa jeunesse, en étudiant dans le grand centre d’étude de Jérusalem Aish Hatorah (voir www.aishelc.org/picture-tour.html ). Depuis son terrible accident d’hélicoptère en 1991, Kirk Douglas, miraculé, s’est remis à l’étude de la Torah avec grande ferveur. « La Torah est le meilleur scénario jamais inventé. Il y a de la passion, de l’inceste, des meurtres, de l’adultère, il y a vraiment de tout ! », a-t-il déclaré dans un entretien pour expliquer son retour à la religion. Et il a commencé à chercher des moyens d’utiliser sa richesse matérielle pour avoir un impact sur le monde. C’était une transformation en lui-même – malgré la pression de ses pairs du monde laïque de la planète Hollywood laïque. Et, au contraire, il s’est engagé plus que jamais. Il y a quelques années, il prît la responsabilité de construire un théâtre multimédia en face du Kotel hamaaravi, le Mur Occidental, au 1er étage du centre Aish Hatorah à Jérusalem, afin de faire vivre aux touristes une expérience juive authentique et inspirante. Kirk Douglas s’est conduit de sorte à pouvoir rattraper le temps perdu. A l’âge de 83ans il a proclamé « maintenant je suis un homme ».

Tout comme dans le Temple … la scène du sang, la proximité de la mort … en pensant que “cela aurait pu être moi”…….. Cela change la vie pour toujours. Est-ce que le Paracha nous inspirera aussi à changer certains de nos comportements?

Rabbi Michel Liebermann

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